Séries US de notre enfance à la sauce curry – koolywood

Mon fils de deux ans se trémousse sur les rythmes de cette musique, comme j’ai sans doute du le faire au même age !!
Alors que pour moi il s’agissait d’une musique illustrant les séries US des années 70, il s’agit pour lui de pépites retrouvées dans le cinema indien de la même époque.
Concurrençant l’industrie bollywoodienne, Kollywood a connu son heure de gloire, notamment a la fin des années 70 et au début des années 80. C’est dans ce berceau du sud-est de l ‘Inde ( Madras (Tamil Nadou) que le producteur Illaiyaraaja sévit alors. Il digere le rhythme et la fougue musicale du moment et y intègre des sonorités et des choeurs purement indien, pour un cocktail surpuissant.
A écouter avec modération !!!!!

“Maestro Ilaiyaraaja and the electronic pop sound or koolywood 1977-1983″, Finder Keepers Production, 2011

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Nairobi VS. londonien – Owiny Sigoma Band

Curieusement, il m’a fallu plusieurs écoutes pour apprécier cet album. Le projet est pourtant alléchant, un groupe de cinq jeunes musiciens londoniens à la rencontre d’artistes traditionnels kenyans. Encore un projet de fusion comme il en existe tant.
Mais là, ce qui touche est la palette d’ambiances, de sonorités, de constructions musicales, de morceaux vocaux, instrumentaux, rythmés, enflammés ou mélancoliques,… Et sans doute la coloration apportée par les petits artistes anglais avec leurs basses et leurs claviers.
C’est un album plein de vie, de joie, d’espoir, un brin disco, et assurément fait pour rester.

Repérés et produits par le label de Gilles Peterson, souhaitons leur un succès planétaire!

Owiny Sigoma Band, Brownswood Recordings, 2011

Ci-dessous le seul morceau chanté en anglais, le plus pop :

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Mon moment de détente

En cas de fatigue psychique ou en cas de fatigue auditive; lorsque l’on a trop écouté de musique(s) et que le vide du silence ne nous convient pas non plus; nous n’avons plus beaucoup le choix.

Soit il s’agit de se laisser entrainer par une chanson de variété, la plus simple et la plus bête possible. Soit il s’agit de poser sur la platine l’album “Bounds Green” de Cylob, et plus particulièrement le morceau “Go”.
On se retrouve alors enveloppé par ses sonorités, son calme, sa simplicité et sa petite mélodie qui continuera a tourner dans notre tête une fois le disque fini.
Et finalement ce n’est pas qu’un morceau de musique électronique, c’est un morceau poétique. Ce n’est pas de la nostalgie ou de la mélancolie, c’est plutôt de l’espoir. De l’espoir dans le quotidien. Il permet de sortir du caractère automatique du geste répétitif du quotidien pour remettre en éveil l’esprit et ainsi poser les jalons d’un nouveau projet en devenir.

Ce double LP d’ambient découvert en 2009 n’est finalement pas un album en tant que tel. Il s’agit en fait d’un recueil d’enregistrements de l’artiste Cylob réalisées en 1994 et 1995 sans être données à être entendues au public.
C’est le label belge WèMé qui les a reproduites ici pour notre plus grand plaisir.

Chris Jeff (Cylob) fait partie de la sphère d’artistes tels Aphex Twin, Luke Vibert (aka Wagon Christ), Tom Jenkinson (Squarepusher) qui ont profondément marqué la musique électronique dite expérimentale dans les années 90 et début 2000.

Il a surtout produit des maxis d’electro en tant que tels, très entrainants sur le dancefloor. Cette énergie s’est confirmée en live, lorsque nous l’avons vu pour la première fois en DJ set  à la soirée Rephlex du festival Exit à la Maison des Arts de Créteil il y a une dizaine d’années.

Cylob, “Bounds Green”, WèMé Records, extrait : “Go”

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Un “compass” pour s’orienter

Le dernier album de Jamie Lidell se revèle un chef d’oeuvre de musiques actuelles.
L’homme avait beau commencer par produire des musiques électroniques sonnant très techno, la voix est apparue dans ses expériences électro avec Cristian Vogel, dans le cadre de leur duo “Super Collider”. Les structures des morceaux étaient plus formatées, type couplets / refrain, mais la recherche de sonorités singulières était toujours présente. Leur album avait pas mal marché et n’avait pas laissé indifférents les journalistes spécialisés, mais finalement l’essai ne fut pas transformé . Cristian Vogel continua ses pérégrinations, et l’on n’entendit plus parler de Jamie Lidell.
On n’entendit plus parler de lui, jusqu’au jour où on le retrouva sur des vidéos sur le net, derrière des machines, déchaîné, un micro à la main. Il faut croire que cela l’avait marqué! Jamie Lidell se révéla un bon chanteur, s’essayant à des mélodies très “soul”. On le retrouva ensuite étonamment aux côtés de Gonzales, Mocky et de Feist, lors de performances inédites en public.
Et le succès arriva avec son album solo “Multiply” en 2005, suivi par “Jim” en 2008. Encore plus soul, il sembla à cette époque laisser de côté ses machines. Ses titres tournent sur les grandes radios, le grand public le découvre et l’adopte.
Ce n’était pas sans oublier son tempérament un brin provocateur et son côté orpailleur de sons et de nouveaux champs.
Il nous livre ainsi en 2010 un album extra – ordinaire : “Compass”. Toujours au chant, il n’hésite pas à réutiliser sa voix comme un outil, tantôt clair, tantôt sale, déchirant et toujours très vivant. Le son est beaucoup plus lo-fi. Les morceaux sont beaucoup plus variés : électro, soul, funk, rock, folk. Certains commentateurs dans la presse y trouvent un nouveau Prince.
Son énergie est là, pleine et entière dans cet album. Il suffit de le découvrir en chair et en os sur la scène de l’Elysée Montmartre pour tout comprendre. Il se met à nue devant nous; livrant ses sentiments, ses questions et ses coups de gueules, tel un adolescent dans sa chambre à une heure du mat devant son mirroir.
C’est ici que sa production en devenant puissante et intemporelle devient un chef d’oeuvre. Le type de disque que j’écouterai encore dans vingt ans.
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Jamie Lidell, Compass, Warp Records Limited, 2010
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House écolo – un air frais

La House Music est tantôt associée à une musique de club, tantôt à une musique bon marché, que l’on retrouve sur les ondes commerciales ou dans les boutiques de vêtements pour nous inciter à acheter encore plus.
C’est sans oublié son apparition à la croisée des lendemains de l’industrie automobile à Chicago et des longues nuits décomplexées des clubs new-yorkais dans les années 80.
Nous ne reviendrons pas ici sur tout ce parcours, mais sur un style de House apparu un peu plus tard à la fin des années 90, un mélange de beats et d’instruments accoustiques.
Un pont lancé entre l’Amérique du Nord, les Caraïbes et en fond, de l’autre côté de l’Océan, l’Afrique. Les paroles sont chantées ou prêchés en aglais ou le plus souvent en dialecte créole.
L’air est plus frais, rythmé par des percussions, envolé par des solos de flûte ou de guitare.
Une sorte de House écolo, plus musicale, naturelle, verte, ancrée dans le sol, sans ajout de gimmick ou d’efffets.
Ici, il s’agit du morceau qui a révélé ce nouveau style : “The Prayer” de Jephté Guillaume.
Ce genre a été ensuite développé, produit et promu par Joe Claussel. Cela me permet ainsi ici de faire un clin d’oeil aux perfromances mythiques “Body and Soul”, dont la première édition parisienne a eu lieu à la Gaîté Lyrique en juin dernier. Moment unique!
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Jephté Guillaume, “The Prayer”, Spititual Life Music, 1997
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Au bord du Niger

Se poser face au Niger, prendre le temps. Simplement. Regarder les pirogues passer.

C’est ce que proposent deux très grands artistes maliens.

Feu Ali Farka Touré, Songaï et Peul, du nord du Mali, père du blues africain et Toumani Diabaté, griot Mandé du Sud.

La guitare de l’un répond à la kora de l’autre en acoustique.

Un producteur qui les accompagnait individuellement avait décidé de les réunir au dernier étage de l’hôtel Mandé de Bamako, le long du Niger, pour un enregistrement.

Lorsqu’Ali Farka Touré arriva enfin (en retard….), Toumani lui demanda par quoi commencer pour répéter. Le vieux sage lui répondi simplement, qu’il y avait juste à jouer de façon naturelle et laisser l’inspiration venir.

La magie pris tout de suite. Les micros étaient branchés. Ce moment splendide a pu être gravé.

Voici un nouvel air de Bamako, moment de grâce et clin d’oeil à la musique traditionnelle des années 50 et 60.

(1) voir aussi : Chamber Music from Bamako to Paris

Ali Farka Touré et Toumani Diabaté, “In the Heart of the moon”, World Circuits

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East Meets West

“East meets West”, un titre simple et tellement parlant.
C’est la pochette de ce 33 tours, avant tout, qui a retenu mon attention. Je fouillais dans un bac de réédition d’albums jazz lorsque mon regard s’est arreté sur cet homme black à la barbe entretenue, au sourire malicieux et mystérieux, et sur ce nom à consonnance arabe : “Ahmed Abdul-Malik”.
Avant toute chose, il faut savoir que j’ai toujours été fasciné par la Nation of Islam, cette communauté afro-américaine des années 60, qui en réponse à un racisme ordinaire est allé puisé dans ses racines africaines et s’est convertie à l’Islam, pour trouver une discipline et une re-connaisance. Je pense notamment à la personnalité et au parcours de Malcolm X.
Mis à part cela, une fois cet album déballé, je découvris un voyage immédiat dans une ambiance, mélange d’arabesques et de fumées enveloppantes. Un imaginaire onirique, cinématographique, en noir et blanc nous emmène; que ce soient  les envolées orientales chantées dans Takseem,  les violons égyptiens de El-Lail, ou les solos ciselés des sithars.
Ahmed Abdul-Malik nous démontre avec brio et sensibilité la capacité du jazz à accompagner des musiques a priori aux antipodes : d’Egypte, du Soudan, de Syrie, Jordanie, Irak ou du Liban. Ce projet aurait pu s’appeler South meets North, quand les racines sub-sahariennes du jazz rencontrent le désert du moyen-orient…
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Ahmed Abdul-Malik, “East Meets West”, RCA, 1960
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